Hommage à Francis Schneider

vendredi 11 février 2005 par sam

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Hommage à Francis Schneider

Francis Schneider vient de passer le seuil vers le grand mystère. Il sera enterré aujourd’hui, après une célébration en l’église Saints-Nazaire-et-Celse à 11 h à Brumath. Il laisse un héritage de souvenirs d’oeuvres dialectales et artistiques.

 Né en 1950, Francis Schneider fréquenta l’école élémentaire et le collège de Brumath. Dès son plus jeune âge, il portait en lui un appel vers le beau et la communication. Ce sont les Arts déco et le théâtre qui l’attiraient. Le grand tournant de sa vie se fera à son insu lorsque son père, Auguste Schneider, patron de l’entreprise familiale où il avait appris le métier de menuisier-ébéniste, mourut brusquement. A 23 ans, il lui fallut reprendre le flambeau.

 Ce fut un revirement très dur auquel il fit face avec fermeté, trouvant souvent un exutoire au sein de l’orchestre d’étudiants dont il était le batteur. C’est l’époque où l’église catholique ouvrait ses portes aux goûts musicaux en vogue dans les années 70. L’orchestre créa à ce moment, pour un temps, ce que l’on appelait les messes rythmées.

 Petit à petit, Francis Schneider revint à ses premières ambitions avec l’aide de son épouse Michèle, enseignante en arts plastiques, qui le conforta dans ses aspirations artistiques premières. Il trouva alors sa véritable expression dans la sculpture sur bois et les dessins au fusain. Les grandes dates s’enchaînent : mars 1989 exposition JOB, au Centre culturel de Brumath, avec un visiteur de marque : Monseigneur Elchinger. La vie publique de l’artiste sculpteur, graphiste, prend de l’ampleur : 1993, création de la galerie de l’Escalier, utilisant les locaux inutiles de son entreprise pour l’exposition d’oeuvres d’artistes les plus divers.

 A partir de ce moment, Francis pouvait réunir ses amis artistes auprès de lui. 1994 : sa sculpture « Le Christ en gloire » prend place dans l’église de Postroff. En 1995, il crée le « Stammtisch », réunion conviviale entre artistes et amateurs d’art dans sa propriété. 1997 sera un nouveau virage. Francis réalisera son deuxième grand rêve de jeunesse : écrire et faire du théâtre dialectal. Cette année là, tout va lui réussir. Son chemin de croix prend place dans l’église de Fort Louis. Avec son épouse, il expose à Truchtersheim dans la maison du Kochersberg. Sa première pièce « S’Himmelsspiel » connaît un succès remarquable.
 C’est l’époque où Francis se lie avec le théâtre de Lafuente où il joue, entre autres, le rôle du « Hierotskandidat ». Pièce reprise à Brumath avec un simulacre de mariage à la mairie. En février 1998, il expose « Groupe d’hommes, Effata » en l’église Saint-Sulpice à Paris. « Effata » a été acheté par la direction diocésaine de l’enseignement catholique de Paris. Cette oeuvre a été remarquée par les responsables d’art sacré. Francis Schneider a été convié à faire en 1999 un travail sur le thème « Le passage » qui sera exposé dans les mêmes lieux, à l’occasion du changement de siècle.

Son « Chemin » de courage

 On citera encore son oeuvre « Chemin » de 12 mètres de haut qu’il a fourni au Foyer de l’étudiant catholique à Strasbourg en 2001. C’est en 2003 que la maladie le surprend. Avec un courage et une volonté hors du commun, il consacra sa convalescence à son entreprise, la sculpture, le dessin et le théâtre. Il fit sa dernière exposition dans la galerie de l’Escalier en mai 2004 et lança avec succès la saison théâtrale de l’Unitas Brumath (TUB) avec sa nouvelle pièce « S’ Dorftheater ». Il y fit ses dernières apparitions sur scène. On sait qu’une autre pièce est inachevée, son titre et sa mise en scène par le TUB seront publiés en temps voulu.

 Tous ceux qui ont approché Francis Schneider se souviennent d’un homme affable, inventif, prêt à rendre service et d’un abord simple et amical. On le trouvait inconditionnellement jovial et dynamique. Dans le travail, il était sérieux, réfléchi et plein d’idées. Il avait, de par sa foi, trouvé dans la Bible l’essentiel de son inspiration artistique, exposant dans ses oeuvres sa mystique personnelle. Enfin, grand observateur de la vie humaine au sens large du terme, le théâtre était devenu sa manière de dire ce qu’il pense.

© Dernières Nouvelles d’Alsace - Ven 11 fév. 2005

sam